lundi 9 octobre 2017

Infiniment-Roman-Chapitre 7



roman-INFINIMENT-chapitre 1


"L'écriture c'est la vie,
il y a tout dedans,
le meilleur comme le pire."
Max Monnehay





Chapitre 7
roman-INFINIMENT-chapitre 1
Divine Idylle 



Août 2014


J'ai fait de superbes photos de Samuel et de son chiot. Je suis contente. Je n'arrête pas de les regarder. Je le trouve beau. Après la séance photo on est allés se promener dans le bois et pour première fois, on s 'est tenus par la main. C'était bon de marcher, sans parler, main dans la main, comme si on était deux amoureux communs, heureux d'être ensemble. Deux amoureux tout simplement. Ce fut un merveilleux après midi... juste lui et moi... la nature... sans penser à rien d'autre... juste nous...

Samuel et moi  allons marcher deux ou trois fois par semaine. Nous avons trouvé ce motif pour nous voir. J'aimerais tellement que tout soit comme avant qu'il vienne à la maison, qu'il mange avec Alicia et moi... mais c'est impossible. Ils ne sont plus ensemble et rien ne justifie sa présence à la maison. Pierre ne comprendrait pas. Il est au courant des problèmes de Sam, ses phobies, ses crises d'angoisse. Je lui ai dit que je l'aidais comme je pouvais... il m'appelle ironiquement mère Thérésa... il ne m'empêche pas d'aller le voir. Je ne le lui cache pas non plus. Je lui parle de lui... comme de mon protégé... 
J'assiste pour la première fois à une des crises d'angoisse de Samuel. On est dans le bois et on s'est égarés sur un chemin qu'il ne reconnait pas. L'angoisse monte. Il ne parle plus. Il semble effrayé... il marche de plus en plus vite...  on arrive enfin sur une route. Je le rassure comme je peux. Il ne se calme que lorsqu'on arrive sur la grande nationale. Je comprends qu'il a vraiment un problème psychologique. Il n'y avait aucun danger que dans son imagination et je n'ai pu lui faire entendre raison. Il ne me connaissait plus muré dans son délire... dans sa phobie... dans son film. Le chemin allait disparaître, la forêt l'engloutir.
Il y a des sms qui me rongent le coeur  "Tu m'aimes Sandy ?Alors sors moi de cet enfer !" et il y a des sms qui réchauffent le cœur "c'est énorme ce que tu fais pour moi... ptite Sandy je tiens énormément à toi <3 Je t'aime infiniment... " 
La date de la rentrée approche. Tu as choisi de faire un bac pro en chaudronnerie. Ton choix m'étonne car tu aimes la nature, la forêt, le grand air. Tu vas te retrouver confiné dans un atelier avec un boulot bruyant, sale... dangereux... "J'ai fait le con, je dois passer un cap, avoir un diplôme... j'ai plus le choix Sandy..." Ca me fend le coeur... une vie c'est long alors autant avoir un métier qui plait... "l'agriculture c'est fini pour moi..."
La vie nous rapproche... encore plus... un après-midi... dans sa chambre... Samuel tout contre moi, ses lèvres sur les miennes, nos bouches qui se mèlent, ses mains, timides encore, qui glissent sur mon corps.. monte en nous le désir, nos corps qui chavirent... sa peau contre ma peau je ferme les yeux et me laisse porter par des vagues de plaisir,  je m'enivre de ses soupirs, j 'aime ne faire qu'un avec lui, le sentir bouger en moi tout en me noyant dans ses yeux océan... ses mains sur mes seins, tout mon corps le réclame et on s'enflamme... j'aime le caresser, le sentir vibrer, j'aimerais le faire monter haut, plus haut que les étoiles, et au paradis avec lui faire escale, j'aimerais que le temps s'arrête... rester tendrement enlacés... mais si vite il se relève il s'éloigne je ne sais pas pourquoi soudain... J'ai si froid...
J'essaie de me recadrer... et par la même occasion je  recadre Samuel !!! du coup je lui sape le moral... "C'est impossible même toi tu le dis mais tout ce que je peux te dire c'est que quoi qu'il se passe je serai là dans les épreuves les plus dures c'est à deux qu'on passera les épreuves..."
Je l'énerve grave quand je pense négativement à nous... j'essaie de me raisonner, mais au fond  j'y arrive pas... J ai les larmes rien qu'en pensant à lui... C'est viscéral... putain comment m'en sortir ?  
Je sais que rien n'effacera trente ans d'écart... rien dutout... c'est moi l'adulte, la raison... je sanglote sous la douche de désespoir...  je me noie dans mes larmes...  Faut que je trouve la force d'être l'amie la marraine...  que je raye tout le reste... toute cette passion qui me dévore... Rien... Y aura jamais rien... Merde au temps qui passe... Merde à la vie...
Je me dis qu'il va bientôt aller au lycée,  voir des jeunes filles de son âge..; qu'il va réaliser que notre différence d'âge est ingérable et qu'il va disparaître... j 'imagine ses sms qui deviennent de moins en moins nombreux, rien que l'idée  qu'il s'éloigne de moi un jour prochain me donne envie de hurler de douleur. Je l'aime tellement. Il me semble désormais impossible de vivre sans lui. Comment reprendre ma vie d'avant ? sans lui ? ça me semble impossible.. vraiment.
Il m'aime je le sais.  Je le sens. Je n'ai aucun doute. Chaque fois qu'on fait l'amour on touche le ciel...  on part dans les étoiles..; c'est merveilleux..; magique... Je ne veux pas le perdre. Je ne veux pas que ça s'arrête... 
Tout ce qu'il m'écrit... je lis et relis... j'ai toujours rêvé de vivre un amour fusionnel comme le nôtre... son amour me fait vivre un rêve éveillé.. on ne m'a jamais aimée autant... du moins... j'en suis persuadée...  "Mon objectif est de créer ma vie avec toi et de mourir avec toi c 'est tout. Est ce qu'on aura l'occasion de vivre ensemble ou près l'un de l'autre je l'espère mais tu es la maman dont j ai besoin, l'amour dont j'ai besoin,  la tendresse dont j'ai besoin. Je ne veux pas perdre cette complicité, on ne sait pas de quoi la vie est faite mais ce que j'essaie de te dire c'est que tu n'es pas une simple amie. Je te désire je t'admire je te veux c est un projet que j ai en tête. J'aimerais faire ma vie avec toi quoi que tu dises ou penses, c est pour moi quelque chose de sérieux. Je te gâterai jusqu'au bout. Je sais que ton âge te complexe, j'ai pensé à tout ça, je me refuse de dire que nous deux c'est éphémère, je ne veux pas l'entendre. Qui te dit que je ne suis pas tombé amoureux de toi malgré ton âge ? on ne peut rien y faire mais on peut apprendre à vivre avec... l'amour n'a pas d'âge..."
Samuel réussit son code et  enchaîne avec les leçons de conduite. Il a dix huit ans, il va passer son permis. Il me répète que le fait d'avoir SA voiture l'aidera à affronter le lycée. Il veut pouvoir rentrer chez lui s'il se sent mal, au bord d'une crise d'angoisse, ou menacé. Les leçons de code ont lieu dans le village voisin. C'est une petite auto-école de village qui propose deux leçons trois fois par semaine de 17h à 19h... Ce fut un long chemin de croix pour lui et moi... que de réussir à aller à ces leçons de code. Pendant des semaines je garais la voiture à 16h52 à quelques pas du centre, et je coupais le moteur. "Allez vas y Samuel !" il gardait le silence, tête baissée, à regarder ses chaussures. "Vas y, je reste devant, je t'attends. Tu ne risques rien. Si t 'as un soucis tu n'as qu'à sortir, je serai là et on part. Vas-y ! fais moi confiance !" et l'heure passait... 17h... 17h01...02...03... je redémarrais sans un mot... on roulait où on rentrait à la maison et à 18h... même scénario... il n'y arrivait pas... et puis un jour le déclic... Samuel est descendu de la voiture, il  est entré dans la petite auto-école et il a continué... on avait gagné ! j'étais si heureuse... Les leçons de conduite se passaient super bien...mais il avait pris du retard et la rentrée approchait... et la date du permis était postérieure à celle de la rentrée...
Samuel est aux petits soins pour moi et je suis au paradis... "Dans tes bras le temps s'arrête tu me fais rêver.  Tu es la passerelle qui mène au paradis, ouvre les yeux. Je tuerais pour sentir ton coeur battre comme la dernière fois, que tu me serres dans tes bras, que tu me rassures... Je suis fou de toi et ça me fait tellement mal d'avoir trente ans de moins, on aurait pu faire notre vie ensemble, se marier avoir des enfants. Je souffre autant que toi, je t'aime et je te jure que si tu me laisses une chance de faire ma vie auprès de toi je ne te décevrai pas. Tu es mon arc en ciel, le temps s'arrête quand je suis avec toi..." 
Quand je suis avec Sam j'ai l'impression d'être comblée, entière. Qu'il ne me manque rien. Que je suis heureuse à cent pour cent. Quand je le regarde il est la perfection... j'aimerais tant croire à une vie avec lui... mais serait-ce l'aimer vraiment que de lui imposer de subir ma vieillesse, ma déchéance ? Gâcher ses plus belles années à me soigner, à me voir m'éteindre quand lui,  serait en pleine force de l'âge...
Ca me ronge... tout ça me ronge de l'intérieur... De plus comment m'échapper du cocon familial, de cette prison dans laquelle je vis. Echapper à mon geôlier... qui me terrorise... si je partais... Pierre serait fou... Il  voit Sam à la maison, mais il ne dit mot. Je sais qu'il n'apprécie pas... mais il se tait... si je lui disais "je pars avec Sam" ... mon Dieu... et Lucas... Samuel n'a qu'une année de plus que lui... il ne l'apprécie déjà pas... il me tournerait le dos lui aussi... je perdrais mon fils... plus je retourne le problème dans tous les sens, plus je m'arrache les cheveux... au fond de moi je sais : il n'y a pas de solution. Hélas...
Je suis tellement désespérée que je pose la question à une voyante qui répond par mail... Judith Fricot... "voyez vous un avenir possible avec Samuel ?" réponse "D'après vos chiffres pour l'instant cette relation devrait évoluer sous une bonne étoile. Des choix restent à faire, mais l'union et la chance font partis de votre tirage. Rien ne laisse présager dans celui-ci une rupture, je suis donc confiante sur l'évolution de votre relation. Il ne m'apparait pas tout à fait prêt pour de grands engagements, il faut donc aller doucement, ne pas brusquer les événements et tout devrait bien se passer."
Le lundi matin est jour de grand ménage. Je fais les chambres des enfants à fond. Je commence toujours par celle d'Alicia. C'est Waterloo la chambre d'Alicia... je commence par réunir le linge sale qui traîne par terre, puis je ramasse les stylos, les papiers... les bonbons... j'ouvre le tiroir de table de nuit pour y fourrer tout ce bazar et là.. une boite... pillule du lendemain... je regarde la boite, j'hallucine... j ouvre le deuxième tiroir et une boite de préservatifs me saute à la figure... immédiatement je prends mon tel et j'envoie un texto à Enzo "vous l'avez fait !" une rage sourde monte en moi.
J'ai demandé à Enzo d'attendre, comme je l'avais fait avec Samuel et il m'a trahi. Bon sang... et en plus la pillule du lendemain... je suis dans une rage. Je reçois "non". Ca me fout encore plus en colère. J'envoie le même texto à Laura... qui reste sans réponse. J'écris à Samuel. "Calme toi ! c'est la vie Sandy, c'est pas si grave... ça devait arriver ! mais quel salaud il aurait pu attendre. Quel fumier... " Quand Enzo se repointe à la maison je l'incendie. Je lui fais la tête plusieurs jours. Je ne parle plus à Alicia. Et puis je me dis... que je suis aussi conne que ma mère. Que c'est fait et que rien n'y changera rien... Je me dis encore que Samuel a fréquenté Alicia pendant une année et que lui ne m'a pas trahi... 
La passion nous emporte Samuel et moi....  Les journées se succèdent, toutes magnifiques.. Certaines plus que d'autres... quand le destin nous offre une heure pour nous aimer... rien que lui et moi, moi tout contre lui, l' enlacer, sentir sa peau tout contre sa peau. Tendres baisers, brûlantes caresses, se noyer sous des flots de tendresse, prier pour que jamais rien ne cesse. Blottie contre lui je ne veux rien d'autre que son amour et sa tendresse Ses mains glissent sur moi, sa bouche m'arrache tant de soupirs, désir, plaisir, se donner c est  si bon de s'aimer... "tu es ma plus belle histoire d'amour... "  "Dis moi qu'on aura encore des moments comme ça rien que nous deux. Je t'aime Sandy, tu m as fait fondre et rendu fou ce soir, je pense à toi mon amour. J ai jamais autant aimé, je ne peux pas me passer de toi, tu es plus qu'une simple histoire d'amour, j aimerais tellement faire ma vie avec toi, je t aime comme jamais ça n'a été permis, si seulement j'avais pu t'épouser...."  






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Jean Dion

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