
Je ne doute pas un instant que nous soyons faits l'un pour l'autre.
Ce sont nos vies qui ne correspondent pas.
Colleen Hoover

Octobre-novembre-décembre 2014
"Ma chérie écoute, tu sors à quatorze heures trente jeudi après midi on ira faire les boutiques toutes les deux sans Samuel ok ? juste toi et moi."
"Ma chérie écoute, tu sors à quatorze heures trente jeudi après midi on ira faire les boutiques toutes les deux sans Samuel ok ? juste toi et moi."
"D'accord maman, super... depuis le temps qu'on a pas passé un après-midi rien que toutes les deux"
Tous les après-midi Samuel les passe à la maison. Il est déscolarisé. Il passera l année à la maison et changera d'orientation à la rentrée prochaine. Tous les après-midi soit sa maman le dépose en allant travailler, soit je vais le chercher et je le reconduis le soir avant que Pierre ne rentre. Pierre sait que Samuel vient à la maison. Je le fais faire des dictées, j'essaie de le faire bosser un peu. Pierre ne dit rien. Il continue de m'appeler ironiquement "mère Thérésa".
J'annonce à Samuel que le jeudi on ne pourra pas se voir l'après midi, qu'Alicia a besoin de passer un peu de temps avec moi... Il me dit que c'est normal, que ça ne fait rien, qu'on se verra le lendemain... mais un peu avant 13h je commence à recevoir des messages de sa part,
"Sandy ça va pas faut que je te vois, je t'en supplie j'suis mal viens stp, viens..."
"mais Sam je peux pas dans une heure à peine je prends Alicia au lycée et on va en ville, tu le sais"
"je fais une crise d'angoisse je t en supplie viens, pas longtemps mais viens"
Je ne dis rien à Alicia, je la dépose au collège et je file à toute allure chez Samuel. Il m'attend au bord de la route devant sa maison. Il monte dans la voiture. Il pleure. Ca va pas. Je vais me garer à quelques mètres de là à l'abris des regards et je le prends dans mes bras. Il a le noir, il cafarde... ça va pas... je vois la pendule du tableau de bord qui tourne... affreusement vite. Je n'arrive pas à le raisonner. Je remet le moteur en route et je vais me garer devant chez lui.
"Faut que j'y aille Samuel, Alicia m'attend. Je lui ai promis. Demain tu viens à la maison, tu verras ça ira mieux. Et ce soir je t'écris."
Mais Samuel ne descend pas de la voiture. Impossible qu'il descende. Il a le regard fixe. Il ne bouge pas. Je suis énervée au fond de moi, autant qu'effrayée car je me rends compte qu'il ne va pas descendre et que l'heure tourne que je vais être en retard au collège.
"Bon écoute on va chercher Alicia ensemble et après je te dépose ok ?"
"oui".
Nous voilà partis au collège. Quand Alicia arrive à la voiture je vois sur son visage la contrariété. Elle monte dans la voiture sans un mot. Nous voilà repartis. Cinq minutes plus tard je me gare devant chez Samuel. Même scène. Impossible qu'il descende de la voiture. Il regarde fixement devant lui et ne descend pas. Tout ce qu'il attend c'est qu'on lui dise qu'on l'emmène avec nous en courses. Mais j'ai promis à Alicia. Et elle commence à s'énerver grave. Que faire mon dieu... ? J'ouvre la portière et je supplie Samuel de me laisser partir... mais on dirait une statue. Je descends de la voiture je vais à sa portière et je lui dis. "Viens je te raccompagne..."
Alicia claque la porte et me dit
"je rentre à pied vous me faites chier !" Elle insulte Samuel. La scène est horrible et incompréhensible. Mais que se passe-t-il dans sa tête mon dieu ? Pourquoi il réagit comme ça ? pourquoi cette crise ?
Je sais que son père est là. Je vais sonner. Il vient ouvrir au moins dix minutes plus tard. Il va à la voiture et lui dit mollement "allez rentre, sors de là ! " mais Samuel ne bouge pas. Je suis désespérée et son père le voit mais ne dit mot.
Samuel contre toute attente sort de la voiture comme une bombe et va sur la terrasse. Il fait un froid glacial il est en tee shirt. Son père a été s'habiller et mettre un manteau pour aller promener le chien. "Rentre !" "Non !" Son père ferme la porte et s'éloigne laissant Samuel transi devant la porte.
Je vais péter les plombs..
J'essaie de raisonner Samuel mais c'est un roc... une statue... rien ne semble l'atteindre... je ne l'ai jamais vu comme ça... et pourquoi ? jaloux que j'aille en ville avec Alicia ? pourquoi mon dieu ?
Alicia est remontée dans la voiture. Elle est dans un état proche de la crise de nerfs. Il est trop tard pour aller en ville. Deux heures que nous sommes là comme des connes. Je m'éloigne de Samuel je monte dans la voiture et passe la première. Le voila à ma portière. J'ouvre ma vitre.
Alicia est remontée dans la voiture. Elle est dans un état proche de la crise de nerfs. Il est trop tard pour aller en ville. Deux heures que nous sommes là comme des connes. Je m'éloigne de Samuel je monte dans la voiture et passe la première. Le voila à ma portière. J'ouvre ma vitre.
"Pardon Sandy, pardonne moi c'est pas ma faute, tu vas plus vouloir me voir, ne pars pas, reste"
"on se voit demain Sam j'y vais"
Il ne lâche pas la portière. Alors le coeur en miettes je démarre doucement j accélère et il lâche la portière. Je le vois courir quelques mètres après la voiture et s'arrêter. Je suis vide.
Alicia me boude. Je la comprends.
"Je le déteste, c'est fini je ne veux plus le voir, je ne veux plus entendre parler de lui"
... Je n'ai pas respecté ma promesse. Une fois de plus j 'ai fait passer Samuel en premier. Au fond de moi je me doutais de ce qui allait se passer... et j'y suis quand même allée... Samuel m'écrit des dizaines de sms, se confond en excuses, me demande pardon et je cède évidemment... Je comprends une fois de plus... je ne me rends pas compte du pouvoir qu'il a sur moi...
Alicia reste sur ses positions. C'est fini entre elle et Samuel. Il n'est plus celui qu'elle a connu. Il ne ressemble plus à son premier amour, son ange... celui qui la faisait rêver... il est malade !!! il a peur de tout ! il est étouffant comme Enzo l'était... "fini ! c'est fini !"
La vie suit son cours. Alicia va au collège, je vois Samuel presque chaque après-midi à l'extérieur... Elle s'en fou. Elle est entourée d'amis, et prévoit de participer au voyage en Italie au printemps suivant. Ce sera son premier voyage. Elle s'en réjouit. Elle n'a pas de petit copain sérieux. Elle me parle beaucoup d'un certain Mathys, qui souffre de schizophrénie. On le compare à Samuel et on trouve beaucoup de points communs. Des peurs similaires. Des réactions brutales... je lui dis d'être prudente car il semble se raccrocher à elle.
Samuel s'excuse auprès d'Alicia mais elle reste sourde à ses sms. Je lui dis de lui laisser le temps de digérer... "C'était vraiment lourd ton attitude Samuel, tu t'en rends compte. Tu ne semblais plus entendre, plus comprendre, être dans ton monde..." Il est d'accord et semble si triste et désemparé que je change de sujet.
"Je ne suis pas parfait je le sais Sandy mais mon objectif c'est de créer ma vie avec toi et de mourir avec toi. C 'est tout. Est ce qu'on aura l'occasion de vivre ensemble ou près l'un de l'autre je l'espère mais sâche que tu es la maman dont j ai besoin, l'amour dont j'ai besoin, la tendresse dont j'ai besoin. Je suis pas facile je sais ! je sais ! mais je ne veux pas perdre cette complicité. On ne sait pas de quoi la vie est faite, ce que j'essaie de te dire c'est que tu n'es pas une simple amie, je te désire, je t'admire, je te veux ! c est un projet réel que j ai en tête, j aimerais faire ma vie avec toi, quoi que tu dises ou penses c est pour moi quelque chose de sérieux. Je te gâterai jusqu'au bout. Je sais que ton âge te complexe, j'ai pensé à tout ça, je me refuse de dire que nous deux c'est éphémère, je veux pas l'entendre. On peut apprendre à vivre avec cette différence, l'amour n'a pas d'âge..."
Je me dis à chaque instant que ce qui me lie à Samuel est pure folie. Je sens que tout ça prend une ampleur démesurée. Je suis tout pour lui. Notre différence d'âge, il n'y attache aucune importance. Alors que moi ces trente et une années me minent, me torturent, me murmurent à l'oreille à chaque seconde que l'issue ne peut être que fatale... je me tais. A chacune de mes tentatives pour lui faire entendre raison il semble anéhanti... tout cet amour qui brûle en moi, qui atteint des sommets, me ronge... me fait peur... d un côté je me dis que je devrais mettre fin à tout ça pour éviter de souffrir, ce qui semble inévitable... et d'un autre côté à la seule idée de ne plus l'avoir dans ma vie... je me sens tomber dans un puits sans fonds.... je laisse faire... je sais au fond de moi qu'il est de toute façons trop tard pour reculer. On s'aime, sans demi mesure, passionnément... quand je suis avec lui j'ai l'impression que mon moi est comblé, que j'ai trouvé mon autre moitié... pourquoi ? je n'ai aucune explication...
Je me dis à chaque instant que ce qui me lie à Samuel est pure folie. Je sens que tout ça prend une ampleur démesurée. Je suis tout pour lui. Notre différence d'âge, il n'y attache aucune importance. Alors que moi ces trente et une années me minent, me torturent, me murmurent à l'oreille à chaque seconde que l'issue ne peut être que fatale... je me tais. A chacune de mes tentatives pour lui faire entendre raison il semble anéhanti... tout cet amour qui brûle en moi, qui atteint des sommets, me ronge... me fait peur... d un côté je me dis que je devrais mettre fin à tout ça pour éviter de souffrir, ce qui semble inévitable... et d'un autre côté à la seule idée de ne plus l'avoir dans ma vie... je me sens tomber dans un puits sans fonds.... je laisse faire... je sais au fond de moi qu'il est de toute façons trop tard pour reculer. On s'aime, sans demi mesure, passionnément... quand je suis avec lui j'ai l'impression que mon moi est comblé, que j'ai trouvé mon autre moitié... pourquoi ? je n'ai aucune explication...
Samuel me presse d'avouer nos sentiments à Alicia. Ca me perturbe. C'est tellement malsain notre situation. Tellement tordu. Je culpabilise à mort. Mais il faut que je l'avoue à ma fille. La connaissant je pense que de toutes façons elle se doute... Quand les mots sortent de ma bouche "je l'aime !" sa réponse ne se fait pas attendre "je le savais maman... je le sais depuis longtemps... depuis le début je savais qu'il se passerait quelque chose entre toi et lui. Sa façon de te regarder, de te parler, de me dire que tu es belle ! il ne m'a jamais fait de compliments comme à toi... on ne connait pas le même Samuel... moi il ne m'a jamais vraiment aimée. Je l'ai aidé à quitter sa Lydie c'est tout !" je lui affirme le contraire, ça me crucifie qu'elle pense ça... Je me sens mal et en même temps tellement mieux qu'elle sâche. "Je ne t'en veux pas maman. quand je vois ce sourire sur ton visage, cet air heureux, je suis heureuse pour toi. Je n'aime plus Samuel alors t'en fais pas. Profite."
Alicia s'arrange même pour que Samuel revienne à la maison. Il a besoin de nous, c'est son meilleur ami... elle aime bien quand il est là... Pierre ne dit mot. Il n'aime pas Samuel mais ne s'oppose pas à ce qu'on l'aide. A ce qu'on s'occupe de lui.
Au fond de moi je me pose beaucoup de questions sur Pierre. Comment peut il ne rien voir. Ne pas se douter. Il vit sa vie. Comme il l'a toujours fait. Il me laisse seule chaque après-midi. Il sait que je vois Samuel mais peu lui importe. J'ai peur au fond de moi qu'il ne finisse par ouvrir les yeux. Pierre n'adresse que très rarement la parole à Samuel et quand il le fait Samuel ne le regarde jamais dans les yeux ce qui exaspère Pierre au plus haut point je le sais. Quand je prépare le repas le samedi soir et qu'on boit une bière en cuisine, Pierre ne se joint jamais à Sam, Alicia et moi. Quand il rentre de sa ferme, il prend sa douche, et se met à la télé. Il ne vient à table que pour manger.
J'aimerais que Samuel ne reste manger qu'une semaine sur deux, la semaine où Pierre travaille. Ca me gêne vis à vis de Pierre de lui imposer Samuel. Mais Sam ne comprend pas. Il a "besoin" de ces week end, de sortir de chez lui, de décompresser de sa vie de tous les jours. Il se sent mal chez lui je l'ai compris et venir ici est sa bouffée d'oxygène. Comme tout le reste je laisse aller... Samuel a toujours le dessus avec moi je ne peux pas lui dire non... je ne lui dirai jamais non pour rien. C'est au-dessus de mes forces.
On mange souvent quasiment en silence, et Pierre se couche tôt car il se lève aux aurores. On regarde des films toute la soirée, Alicia, Sam et moi. Moi blottie dans les bras de Sam. Je suis au paradis. Heureuse. Je le reconduis vers les deux heures du matin. Et même là c'est une déchirure de le quitter.
Quand je rentre après un dernier sms je vais me coucher. Je me glisse silencieusement dans le lit, j'écoute la respiration de Pierre en me demandant s'il dort. Je culpabilise. C'est tellement moche ce qui se passe... Mais pourquoi j'en suis là au final ? et je m'endors. Samuel dans mon coeur et mes pensées.
J'ai commis une grosse erreur. Dans un moment de désespoir j'ai tout avoué à ma mère. Qu'est ce que j'espérais ? qu'elle approuve ? pauvre folle que je suis de croire encore en elle. "Mais ça pourrait être ton fils ! tu te rends compte ! Sandy t'es complètement folle !" je suis partie sans une parole. Que répondre ? y a rien à répondre... oui je suis folle, complètement folle, consciente d'être folle... mais je suis folle de lui. Jamais je ne pourrai vivre cette passion sereinement. Le stress que Pierre découvre toute l'histoire, à présent les reproches de ma mère, ma meilleure amie à qui je me suis confiée et qui me répète que ce n'est pas viable... bon sang ! ça me tue moralement cette lutte entre le coeur et la coeur, le mental et l'affectif.. je passe des heures à réfléchir, à ruminer, quelle chance au fond de trouver le grand amour, celui auquel on met un A majuscule, un grand A... c'est précieux... ce coup de foudre interdit je ne l'ai pas cherché il m'est tombé dessus un soir de décembre... Je sais qu'on devrait mettre fin mais je l'aime tant... je suis si bien avec lui. Je me dis que je joue avec le feu. Et j'en suis consciente c'est ça le pire. Pierre devinera un jour ou l'autre. Cet amour aveugle causera la fin de mon couple... mon divorce peut être... Et les enfants ? Alicia sait mais Lucas... peut être se doute-t-il mais pas vraiment... et les amis, la famille, le scandale... Mon dieu il n'y a pas de solution. Au fond de moi je le sais. Pourtant je fonce dans le mur, consciemment, je ne peux pas lutter... Je suis en pleine détresse c'est un tsunami dans ma tête et Samuel ne s'en rend pas compte... il ne comprend pas l'ampleur de ma détresse. Tout est simple pour lui. Je me sépare, on se met ensemble, on s'aime, et voilà...
"Et si là je te quittais tu ferais quoi ?" me demande Sam en colère, une pointe de défit dans les yeux. Je lui faisais part de mes craintes, des réflexions de ma mère et il s'est énervé...
"Si je disparaissais là, tu n'en aurais rien à faire hein ? je ne suis qu'une option pour toi..."
"Tu n'es pas certain que j'aurais du chagrin Sam ? mais... si tu me quittais, le temps s'arrêterait. Je n'entendrais plus que le silence, les battements de mon coeur lourd. Le monde s'arrêterait. Toi plus là, ce sont les bons souvenirs qui se transformeraient brusquement en poignards aiguisés et qui s'enfonceraient sans relâche dans mon ventre... la douleur de t'avoir perdu serait telle que je resterais prostrée, face contre terre. Mon dieu je ne veux même pas y penser."
Samuel semble satisfait de la réponse. Cependant je le regarde dans les yeux et j'ajoute...
"un jour tu me quitteras... pour une autre... plus jeune... et je vivrai cet enfer que je viens de te décrire... "
"Jamais tu entends ? JAMAIS... Même si je le voulais je n'en aurais pas la force, je t'aime trop, tu es l'air que je respire, du fond du coeur, partout tu es là, dans mes pensées, dans mes rêves, c'est mon coeur qui parle."
Et Sam les larmes aux yeux me prend dans ses bras et ses lèvres viennent se poser sur les miennes. Je frissonne. Un moment douceur, se regarder sans se parler, s'effleurer, caresser ton visage,il est ma chaleur, il est mon bonheur. Je l'aime tellement mon dieu... Ca me fait peur.
Et décembre pointe son nez. Noël. J'aimerais être avec Samuel tout le temps. Mais parfois certaines obligations m'en empêchent. Emmener maman au marché de Noël par exemple. Il fait un froid glacial, ça sent bon la cannelle, mais tout est fade car Sam n'es pas là. Je me retiens de pleurer, je ne dois rien montrer. Il est parti faire du bois. Les sms s'enchainent. Les portables sont devenus nos poumons. On vit, on respire par eux. Mon téléphone ne quitte quasiment plus ma main. Ce qui a le don d'énerver mon entourage.
On s'est organisé un faux réveillon, Samuel, les enfants et moi... On s'est échangé des cadeaux... pour faire comme si... Mais vient le réveillon... Noël sans Samuel c'est pas Noël. La soirée se déroule, les gens boivent, parlent, rient, je suis comme dans le brouillard. On se texte. Je pense à lui non stop. J'aimerais être avec lui pas ici.Tout est vide. Tout serait tellement plus magique s'il était là. Triste Noël.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire