jeudi 5 octobre 2017

L'Espoir d'un Lendemain-Chapitre 1-Notre histoire

roman-L'ESPOIR D'UN LENDEMAIN-Chapitre 1



roman-L'ESPOIR D'UN LENDEMAIN-Chapitre 1



CHAPITRE 1

Notre histoire...


On tombe amoureux
Et comme toujours
quand on tombe
on se fait mal.

François Weyergans





Un jour tu m'as demandé d'écrire notre histoire...


Nous deux c'est bien loin. Pourtant, j'ai l'impression que c'était hier. Vingt années se sont écoulées et dans mon coeur rien n'a changé. On m'avait dit que le temps amènerait l'oubli. Le temps : le meilleur médecin de tous les maux. Hélas, ça n'a pas été le cas.


« Trouverons-nous Toi et Moi notre bonheur au fond de cette route lavée par nos pleurs ? » m'écrivais-tu alors. Eh bien non, nous n'avons jamais trouvé notre bonheur. La faute à qui ? à moi sans doute, à ma jeunesse, à mon éducation, à mon manque d'assurance, de détermination, à ma lâcheté. Voilà vingt longues années que je décortique, je cherche une explication à tout ce gâchis.


Elle est loin l'époque de notre première rencontre, du temps où je croyais encore au "Seul", "Vrai" et "Grand Amour". La souffrance causée par notre séparation a été intense. Il m'a été impossible d'oublier tout ce qu'on a vécu ensemble. Je t'ai tellement aimé. Ce fameux 25 janvier 1985, quand on s'est rencontré, j'aurais dû me douter que ce brasier incontrôlable qui nous submergeait n'amènerait rien de bon.


Ecrire notre histoire...


Les souvenirs se bousculent dans ma tête.

A dix-neuf ans, j'étais timide, effacée. J'avais peur de tout. Mon éducation en vase clôt m'empêchait d'affronter la réalité de la vie. Stressée par mille complexes qui m'empêchaient de m'affirmer. Bien trop romantique, confinée dans la prison dorée d'une chambre d'ado : je lisais, j'écrivais des poèmes, des romans d'amour... Je rêvais au Prince charmant qui viendrait me délivrer. J'avais peu d'amis. Les solitaires comme moi affichent une apparence un peu froide. Je souffrais de ce manque d'amitié. J'avais terriblement besoin de quelqu'un à qui parler. Fille unique, ma vie se déroulait entre l'école et la maison, un isolement austère pour une fille de mon âge.

C'est incroyable comme les journées s'étirent lorsque la maison est déserte, le téléphone muet. Parfois je restais étendue sur mon lit, la musique poussée aux maximum avec le sentiment de ne compter pour personne. La solitude est pareille à une pluie fine, elle transperce, glace, on ne sait plus comment attirer l'attention, faire prendre conscience aux autres qu'on est là, qu'on existe. Ce terrible sentiment d'abandon tarissait ma vie et s'accentuait de jours en jours, pesait terriblement lourd sur mes épaules. Durant ces heures de déprime, j'aurais voulu hurler mon angoisse, ma peur de l'avenir, j'avais envie de gémir comme un chien craintif qui redoute les coups... mais de ma gorge nouée ne sortait aucun son.

Alors que je ne m'y attendais pas, le destin t'a mis sur ma route... Tu as poussé la porte de ma prison et tu es entré dans ma vie. Il neigeait à gros flocons ce soir-là. Nos regards se sont croisés et nos cœurs instantanément se sont réchauffés.

Dès lors je me suis sentie renaître. Je ne m'identifiais plus à un navire perdu en mer, à une âme condamnée à errer dans l'éternité. J'appris à vivre différemment avec quelqu'un qui m'aimait comme j'étais, avec mes défauts et mes qualités, mes passions, un homme avec qui je pouvais enfin donner libre cours à toute ma tendresse. Tu étais cet homme Sébastien. Tu m'aimais malgré mon sale caractère, mes ongles rongés, mon côté fleur bleue dépassé... Entre nous les sentiments ont très vite atteint une vive intensité, balayant la réalité, seul notre amour tout neuf comptait.

Quand je me retrouvais blottie dans tes bras, je souhaitais que le temps s'arrête pour que cette étreinte ne se termine jamais.

Malgré tous les problèmes qui s'acharnèrent jours après jours à nous détruire toi et moi, nous avons passé des moments de bonheur intenses, inoubliables. Avec toi, j'e réussis à trouver un peu de cet équilibre qui me manquait, à m'accepter, me sentir mieux dans ma peau.


Le seul problème, c'est que tu n'as jamais pu comprendre que le bonheur : je ne pouvais le trouver sans mes parents, ma seule et unique famille. De la patience tu en as eu... mais pas assez... Un an... deux ans... le temps a eu raison de nous...

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